Un nouvel espoir pour les jeunes survivantes du cancer

Bien que le taux de survie du cancer infantile continue d’augmenter, un risque important subsiste chez les jeunes adultes ayant été traités contre le cancer lorsqu’ils étaient enfants : ne pas pouvoir enfanter.

La Dre Sharon Abish, oncologue pédiatre au Children, travaille étroitement avec les familles d’enfants qui luttent contre le cancer. « Après le choc du diagnostic de leur enfant, les parents font habituellement face à une longue liste d’effets possibles suite aux traitements que leur enfant recevra, dit-elle. L’annonce d’un impact potentiel sur la fertilité future est presque toujours accueillie avec un mélange d’incrédulité et de tristesse. »

Il y a cependant une lueur d’espoir grâce à des organisations philanthropiques comme la Fondation familiale Morris et Rosalind Goodman.

L’homme d’affaires Morris Goodman et son épouse, Rosalind, ont créé leur fondation familiale en 2005 dans le but d’enrichir la société civile en Israël et en Amérique du Nord. Grâce à la Bourse Goodman à l’Hôpital de Montréal pour enfants, le Dr Samer Tannus, qui a étudié dans une des universités les plus reconnues en Israël, poursuit ses études à Montréal visant à offrir à ces patients l’espoir de pouvoir fonder un jour leur propre famille.

À l’heure actuelle, il n’existe pas de solution pour préserver la fertilité des filles prépubères traitées pour un cancer. Dans le cas des adolescentes, les procédures disponibles sont problématiques tant sur le plan médical qu’au point de vue physique et émotionnel. « Selon mon expérience dans les cliniques de suivi à long terme, ce problème est celui qui a le plus de conséquences sur la qualité de vie des jeunes femmes », explique la Dre Abish.

La première question qui vient à l’esprit est la suivante : «Pourquoi ne pas simplement congeler des ovules de la jeune fille qui doit suivre un traitement contre le cancer?» Le Dr Tannus souligne que, s’il est plus aisé de préserver la fertilité chez les garçons grâce au procédé relativement simple de congélation du sperme, la réalité est tout autre pour les filles. «Congeler des ovules n’est pas facile. Les transplanter est encore plus difficile et demande une expertise de très haut niveau qui ne se trouve pas partout.» De plus, la congélation des ovules des filles âgées de 14 ou 15 ans ne peut rien pour les plus jeunes filles dont les cellules reproductives ne sont pas entièrement développées. La plus grande préoccupation demeure cependant la possibilité que l’ovule congelé, une fois transplanté, réintroduise des cellules cancéreuses dans l’organisme.

Le Dr Tannus remercie la Fondation familiale Morris et Rosalind Goodman pour son appui. En collaboration avec des collègues de l’Institut de recherche du CUSM, il a pu obtenir des résultats prometteurs en utilisant un gel tridimensionnel pour cultiver in vitro des follicules ovariens matures chez les souris.

« Nous espérons que les résultats seront les mêmes pour les humains », dit le Dr Tannus, qui explique que, en se développant in vitro, les ovules ainsi obtenus pourraient ensuite être transplantés et fécondés sans crainte de réintroduire des cellules cancéreuses. « Ce serait une avancée majeure ! » Celle-ci bénéficierait non seulement aux familles de Montréal et du Québec, mais aussi d’Israël, où le Dr Tannus compte retourner et partager ses découvertes.

Feue Rosalind Goodman, une infatigable bénévole et collectrice de fonds qui a cofondé la Fondation, avait cette maxime : « Nous ne demandons rien pour nous-mêmes, mais pour ceux qui sont incapables de demander. » Et ceux-là, ce sont les jeunes patientes atteintes de cancer, à qui l’on pourra offrir un jour la merveilleuse expérience de la grossesse grâce à la Fondation familiale Morris et Rosalind Goodman.



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