Rencontre avec le Dr Fady Mansour

De tannant au secondaire à directeur du service d’obstétrique

L’obstétricien-gynécologue a obtenu son diplôme de médecine et fait son internat à l’Université McGill. Il détient aussi une maîtrise en épidémiologie et une spécialisation en chirurgie gynécologique mini-invasive. Il marche dans les pas de son père, également médecin.

Q. Comment étiez-vous au secondaire?
R. On m’appelait le fauteur de troubles. J’aimais faire des blagues et faire le fou. Mais j’étais aussi un intello, un rat de bibliothèque espiègle!

Q. Si vous n’aviez pas fait médecine, quelle aurait été votre deuxième option?
R. Je me préparais à étudier en génie informatique, puis j’ai opté pour la médecine à la dernière seconde. Je voulais une carrière qui ait un impact sur la vie des gens. De plus, je pense que mon père espérait secrètement que ses fils deviennent médecins. Mon frère aîné, avocat, est dégoûté à la vue du sang et mon autre frère est politologue. Il ne restait plus que moi pour poursuivre la tradition familiale!

Q. Pourquoi êtes-vous devenu chirurgien en obstétrique et gynécologie?
R. C’était ce qui me convenait le mieux. J’ai eu un mentor fantastique, le Dr Srinivasan Krishnamurthy. En plus, la gynécologie-obstétrique représente un défi : les besoins d’une femme de 70 ans sont très différents de ceux d’une femme enceinte de 30 ans. C’est gratifiant de faire la différence dans la vie de mes patientes.

Q. Étiez-vous un enfant tannant?
R. Absolument! Je mettais tout sur le dos de mes frères. Une fois, j’ai frappé mon frère aîné, puis j’ai couru vers ma mère en prétendant qu’il m’avait frappé! Pendant qu’elle le chicanait, je me tenais derrière elle, en ricanant et en tirant la langue!

Q. Que faites-vous dans vos temps libres?
R. Du temps libre? Qu’est-ce que c’est? Avec trois garçons de 12, 10 et 8 ans, le temps libre est un luxe rare. Le tourbillon ne s’arrête jamais!
Mais quand j’ai un peu de temps pour moi, je fais de longues balades en vélo électrique. Il n’y a que moi, la route, un peu de vitesse et le vent dans mes cheveux.

Q. Quelle est votre idée d’une journée parfaite?
R. La journée parfaite, c’est une journée en famille – passer du temps avec ma femme et mes fils. Personne ne se bat ni se dispute! Il fait beau, les tâches ménagères sont terminées et je peux relaxer autour d’un bon repas et de quelques cocktails. Une journée simple et reposante à la maison, sans liste de choses à faire! C’est ça le bonheur.

Q. Quelle est la partie la plus gratifiante de votre travail?
R. Une bonne journée, c’est quand les chirurgies se déroulent bien, que les patientes se rétablissent ou rentrent chez elles, et que les chirurgiens résidents ont eu une bonne expérience d’apprentissage. C’est ça être médecin.

Q. Qu’est-ce qui fait la particularité de l’équipe du centre des naissances?
R. Tout d’abord, on est une grande équipe, et tous les membres sont dévoués et passionnés par ce qu’ils font. Ce qui me frappe, c’est la façon dont les infirmières s’adaptent aux besoins de chaque famille. À la naissance d’un bébé, certaines familles organisent une grande fête, à laquelle les infirmières participent en prenant des photos et en partageant leur joie. D’autres parents préfèrent vivre ce moment dans le calme et l’intimité avec leur nouveau-né; les infirmières se font alors discrètes pour leur permettre de vivre pleinement le moment. C’est cette capacité à décoder l’atmosphère et à soutenir chaque famille à sa manière qui rend notre équipe vraiment spéciale.

Q. De quoi êtes-vous le plus fier?
R. J’aime mon travail, mais je sais que je suis remplaçable, comme on l’est tous. D’ailleurs, certains de mes internes en chirurgie sont déjà meilleurs que moi dans certains domaines. Alors, ma plus grande source de fierté, ce sont mes garçons. Les voir grandir, réussir à l’école et s’épanouir dans leurs activités, c’est tout pour moi. Ils sont, sans aucun doute, la plus grande réussite de ma vie.

Q. L’objectif de La Fondation du Children est de recueillir des fonds pour soutenir les femmes qui vivent une grossesse à risque. Que diriez-vous aux Québécoises et Québécois qui envisagent de soutenir cette cause?
R. Je pense que les Québécoises et Québécois savent que notre système de santé est sous pression. Notre capacité à fournir des soins de pointe est remise en question. Il ne s’agit pas seulement du manque de personnel; le coût de certains médicaments et équipements médicaux monte en flèche. Comme médecin, c’est frustrant de savoir qu’il existe des technologies qui pourraient faire une grande différence dans la vie d’une femme ou d’un nouveau-né, mais qu’on ne peut pas se les offrir. Vous pouvez changer la fin de cette histoire et faire une énorme différence dans la vie des femmes enceintes et de leurs nouveau-nés en faisant un don.