Un médecin passionné : Dr Harley Eisman

Par Fondation du Children,

Nous avons rencontré le Dr Harley Eisman, directeur médical du Service d’urgence de l’Hôpital de Montréal pour enfants. Entre la gestion de l’une des urgences les plus achalandées en Amérique du Nord et la planification de son déménagement vers le nouvel hôpital du campus Glen, ce médecin dévoué a du pain sur la planche!

Q. : Avez-vous toujours voulu être médecin?

R. : J’ai toujours su que je voulais faire carrière en sciences, mais je n’étais pas certain si ce serait en médecine, en génie ou dans un autre domaine. Puis, alors que j’étais adolescent, j’ai travaillé dans un camp de vacances, ce qui m’a vraiment ouvert les yeux. Cela m’a fait réaliser à quel point j’aimais travailler avec les gens et surtout, les enfants. Dès lors, mon choix s’est porté sur la médecine.

Q. : Pourquoi la pédiatrie?

R. : Je voulais que mon travail ait un lien avec les enfants. J’en suis venu à me dire que je pouvais choisir la pédiatrie, l’othorhinolaryngologie ou l’obstétrique-gynécologie. Puis, alors que j’étais étudiant, j’ai effectué un stage au Children et c’est ce qui m’a décidé. J’ai choisi la pédiatrie et l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Q. : D’après vous, quels sont les qualités essentielles d’un urgentologue?

R. : La capacité d’écoute est essentielle. Il doit aussi avoir des qualités de meneur et pouvoir exercer son leadership en donnant l’exemple. Il doit aussi être en mesure de prendre des décisions difficiles avec peu d’information.

Q. : Si vous n’étiez pas devenu médecin, que feriez-vous ?

R. : Mon grand-père était un ingénieur en électricité formé en Europe. J’avais envie de faire comme lui. Je nourrissais même l’idée de créer une entreprise d’électronique qui se serait nommée Eisman Electronics… Heureusement que je ne l’ai pas fait : je suis certain que le succès d’Apple m’aurait acculé à l’échec.

Q. : L’urgence a-t-elle beaucoup changé depuis vos débuts, il y a 20 ans?

R. : Oui et non. Ses valeurs fondamentales – l’esprit d’équipe, l’engagement envers les patients et leur famille – sont restées les mêmes. J’arrive encore à l’Hôpital avec le sentiment que c’est un endroit formidable où travailler. La pratique, par contre, a changé radicalement. Les progrès de la médecine et de la technologie font que l’on voit moins de cas simples comme le croup, etc., et beaucoup plus de cas complexes. Aussi, nos locaux ont été rénovés depuis mes débuts… Ça compte!

Q. : Quelle est la première chose que vous faites en arrivant le matin?

R. : Tous les jours à 8 heures, moi et la directrice des soins infirmiers pédiatrique tenons un «  caucus sur les lits ». C’est une pratique que nous avons instaurée il y a quelques années et elle donne des résultats incroyables. En substance, nous nous assurons que tout enfant ayant besoin d’un lit ce jour-là puisse l’obtenir.

Q. : Quelle est votre tâche préférée?

R. : Même si je suis maintenant cadre, j’adore assurer mon quart de travail en salle et m’occuper des enfants. Je me sens tellement privilégié de pouvoir faire une différence positive dans la vie des familles – ce que réussissons presque tout le temps.

Q. : Quelle est la situation la plus exigeante que vous avez vécue?

R. : Bien que j’aie vu de nombreux cas difficiles et complexes au fil des ans, je dois avouer que le plus grand défi de ma carrière et le plus excitant aussi, est la planification du déménagement de nos installations. Mener et organiser un tel changement constitue un défi de taille : j’y pense presque sans arrêt.

Q. : Qu’est-ce qui vous motive le plus dans ce déménagement prévu en 2015?

R. : Il y a tant de choses! Premièrement, il y a l’espace : nous disposerons de deux fois plus de place qu’à l’heure actuelle. Ce que vivra le patient sera complètement différent : l’urgence sera dotée de chambres privées, la salle d’attente sera beaucoup plus confortable, il y aura un accès couvert pour les autos, alors personne n’aura à combattre le froid. L’aménagement sera aussi très différent. Tout sera prévu pour que les équipes de soin aient ce dont elles ont besoin à portée de la main. Résultat : une meilleure expérience pour le patient.

Q. : Avez-vous des passe-temps pour vous aider à évacuer le stress de votre travail?

R. : Puis-je dire que la gestion, c’est mon hobby? Blague à part, je suis bricoleur à mes heures. J’aime réaliser de petits projets à la maison, surtout dans la chambre des enfants.

Q. : Quelle est la plus grande leçon que vous avez apprise de vos enfants?

R. : Vous allez rire, mais mes enfants m’ont montré comment devenir un meilleur médecin. Comme je dis toujours, on n’apprend la vraie pédiatrie que lorsqu’on devient parent. J’ai trois enfants formidables, et rien de ce que j’ai lu dans les livres ne se compare à ce qu’ils m’ont appris. Je dois aussi remercier mon épouse, qui est le meilleur professeur que je connaisse. Lorsque de nouvelles mamans me posaient des questions sur l’allaitement et la nutrition, c’est toujours elle que je consultais. C’est la meilleure!

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