Toni : Rien ne l’arrête

Le matin du 19 février 2009, Toni partit pour l’école de bon coeur, comme d’habitude. Pendant la récréation, elle fut poussée par un élève et se blessa au genou. C’est en claudiquant qu’elle rentra chez-elle. Une véritable épopée commençait…

Toni avait mal. Prenant la chose au sérieux, sa mère, Valerie, se rendit à la clinique de leur quartier pour une série de radiographies. On ne détecta rien de bien particulier. Deux jours plus tard, comme les choses ne s’amélioraient guère, Valérie emmena Toni au Children, où l’on décela une fracture du tibia. Toni retourna chez elle avec un plâtre. Trois semaines plus tard, lorsqu’on le retira, la jambe de Toni avait pris une couleur alarmante.

« À la hauteur du tibia, sa jambe était de la taille d’un pamplemousse ! », se rappelle sa mère. Le Dr Robert Turcotte, chef du département de chirurgie orthopédique et directeur du programme suprarégional de sarcome à l’Hôpital Général de Montréal, qui oeuvre également au Children, entra en scène. Différents tests et examens furent complétés, de même qu’une biopsie, qui confirma ce que Valerie redoutait désormais : Toni souffrait d’un ostéosarcome (une tumeur maligne osseuse) au tibia gauche. Et c’est un petit incident entre deux camarades de classe qui permit de le découvrir.

On commença très rapidement des traitements intensifs de chimiothérapie qui durèrent 11 semaines. Puis, le 26 mars, le jour même de ses 10 ans, Toni fut mise à rude épreuve : « Le docteur Turcotte m’a demandé si je voulais entendre ou si je préférais qu’il sorte de la chambre pour parler à ma mère. J’ai voulu savoir, mais quand j’ai entendu ses explications, j’ai eu peur », raconte Toni. De fait, le Dr Turcotte expliqua qu’une chirurgie allait être nécessaire, et il énuméra les options possibles : une plastie de rotation, une reconstruction ou, carrément, une amputation. « Je ne voulais absolument pas qu’on coupe ma jambe », raconte bravement Toni. À force de discussions avec Toni comme avec le Dr Turcotte, Valerie opta finalement pour la reconstruction, même si se rétablir d’une telle chirurgie comporte plus de risques. « À ce moment, j’étais tout simplement incapable d’envisager les autres options. Je me suis dit qu’il fallait au moins essayer, et le Dr Turcotte a respecté mon choix », se rappelle Valerie.

La chirurgie se déroula fort bien, mais de nombreuses cloques firent bientôt leur apparition sur la jambe de Toni. Elle souffrait beaucoup et ne pouvait pratiquement pas bouger. « J’étais dévastée de la voir souffrir autant », dit Valerie. Toni prit enfin du mieux, et elle put retourner à la maison pour poursuivre sa convalescence. En septembre, une fièvre intense la ramena toutefois d’urgence au Children. Ses signes vitaux se détériorant rapidement, elle se retrouva aux soins intensifs où l’on constata de graves signes d’infection. Le Dr Turcotte opéra rapidement pour retirer la prothèse installée lors de la reconstruction.

Toni dut prendre des antibiotiques pendant de nombreuses semaines pour venir à bout de cette infection. Puis, en décembre dernier, le Dr Turcotte -- que Toni appelle désormais « son gentil géant » -- se remit au travail pour réaliser cette fois une plastie de rotation. Ce type de chirurgie consiste à enlever un segment du membre, incluant le genou, puis à souder ensemble la cuisse et la jambe tournée de 180˚, de façon à ce que la cheville agisse comme un genou lors de l’appareillage.

Depuis, les choses vont bon train. Toni a reçu sa dernière chimiothérapie de maintien le 25 novembre dernier. Elle devra prendre des médicaments pendant un an encore, et elle subit des tests chaque mois, mais son état général continue de s’améliorer. Le 4 mars dernier, elle a reçu sa toute nouvelle prothèse qui lui permettra de marcher sans aide et même de participer aux sports.

Pour sa mère, la dernière année a été extrêmement pénible. « Le Dr Turcotte est tout simplement le meilleur. Pour parler aux enfants, il se met carrément à leur niveau, à genoux. Je n’aurais jamais cru cela possible. J’ignore comment j’aurais pu traverser cette épreuve sans lui, et sans l’équipe des services éducatifs du Children, qui est extraordinaire ».

Récemment, Toni a accepté d’être porte-parole de l’événement Un million de kilomètres, un million de dollars. Parce que rien ne l’arrête, et parce qu’un pas à la fois, on peut aller vraiment, vraiment loin. Merci Toni !

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