Jade : Quand le coeur va, tout va

Jade est née à Val d’Or le 17 avril 2007. Comme tout paraissait normal dans les minutes qui suivirent sa naissance par césarienne, sa mère, Stéphanie, put la prendre dans ses bras. Le pédiatre remarqua toutefois que Jade avait le teint bleuté. On la déposa rapidement dans un incubateur pour lui donner plus d’oxygène, mais la situation ne s’améliora guère. Des tests démontrèrent que ses poumons étaient normaux, mais qu’en était-il de son petit coeur ? Un échocardiogramme déclencha un véritable branle-bas de combat.

Avant d’être séparée de l’enfant qu’elle venait tout juste de mettre au monde, Stéphanie n’eut qu’un très bref instant pour la prendre de nouveau dans ses bras. Puis Jade fut remise dans un incubateur pour être transportée d’urgence au Children, en avion-ambulance. Son père, Patrick, prit immédiatement la route. « Pendant le trajet, mon moral était au plus bas. Je pleurais. J’ai téléphoné à mon père. Je n’en revenais tout bonnement pas. Je roulais un peu vite, puis j’ai pensé à Jade et à Stéphanie. Elles avaient besoin de moi. Je me suis ressaisi. Et j’ai ralenti », se rappelle Patrick.

Dès le lendemain, Jade fut examinée par le Dr Adrien Dancea, le chef de service de notre département de cardiologie. Il expliqua à Patrick que Jade avait une tétralogie de Fallot, et qu’une chirurgie s’imposait pour réparer cette malformation. Jade fut rapidement mise sous médication en vue de cette chirurgie. «Même si nous étions sous le choc, nous avons immédiatement fait confiance au Dr Dancea et à son équipe. Nous sentions que nous étions entre bonnes mains », raconte Patrick.

Stéphanie put quitter l’Hôpital de Val d’Or trois jours après sa césarienne et elle prit immédiatement un avion pour Montréal. Le 24 avril, avec Patrick, elle regarda sa petite Jade prendre le chemin de la salle d’opération pour une chirurgie à coeur ouvert. « Le Dr Dancea était parvenu à nous rassurer, les statistiques étaient de notre côté et l’opération allait être performée par le Dr Christo Tcherenkov », explique Stéphanie. Nous étions aussi confiants qu’on puisse l’être en pareille circonstance ». Si la chirurgie fut un succès, bien des complications ralentirent la guérison de Jade qui passa les sept premières semaines de sa vie au Children, dont cinq à l’unité des soins intensifs néonatals.

Un autre défi attendait la jolie Jade. À l’âge de cinq mois, il lui était encore difficile de se retourner sur le ventre. Et lorsqu’elle y parvenait, Jade pleurait. Son physiothérapeute remarqua que son teint devenait bleuté lorsqu’elle était dans cette position. La petite famille vécut un autre choc lorsque Jade fut de nouveau transportée d’urgence au Children.

Après différents tests, le Dr Dancea expliqua à Stéphanie et Patrick que l’artère pulmonaire gauche de Jade était atrophiée. Cette fois, il allait pratiquer lui-même une intervention par cathéter, pour implanter un tuteur (stent) qui garderait l’artère ouverte. Dès le lendemain matin, les effets bénéfiques de l’intervention se firent sentir : « J’écoutais le film Les petits pieds du bonheur (Happy Feet) avec Jade. Pendant une scène du film, ma fille s’est mise à rire. Stéphanie et moi étions sous le charme. Jade riait pour la première fois de sa vie, elle qui ne souriait que très rarement depuis sa naissance. À ce moment précis, nous avons compris que tout irait bien », se rappelle Patrick.

Depuis cette intervention, Jade est effectivement très en forme. En juin dernier, elle a subi une autre intervention similaire qui s’est tout aussi bien déroulée. Le Dr Dancea a simplement implanté un tuteur (stent) plus gros, puisque Jade grandit. Ses parents savent qu’elle devra être opérée de nouveau dans quelques années. Son artère pulmonaire gauche demeure plus petite que celle de droite, et Jade aura éventuellement besoin d’une valve pulmonaire. Mais d’ici là, leur jolie petite fille peut faire toutes les activités que font les enfants de son âge. S’ils étaient demeurés un peu inquiets au début, ses parents ont décidé de laisser Jade vivre à son rythme. « Elle court partout. On voudrait parfois qu’elle ralentisse, mais rien ne l’arrête ! », raconte Patrick en riant. Voilà qui prouve que quand le coeur va, tout va !

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