Frédéric Lamarche, polytraumatisé. Face à face avec la vie !

Le soir du 29 mai, Frédéric Lamarche, 14 ans, prend la route sur son scooter, pour passer prendre un copain qui l’attendra en vain. Frédéric se réveillera près de deux semaines plus tard, à l’Unité des soins intensifs du Children...

S’il est un programme qui donne à un hôpital ses lettres de noblesse, c’est bien celui de la traumatologie. Centre provincial désigné de traumatologie pour les enfants et les adolescents, et centre d’excellence en neurotraumatologie pédiatrique, le Children joue un rôle de chef de file en la matière, et ce, tant dans le réseau local que régional et provincial.

Line Blanchard et Michel Lamarche en ont eu la preuve le 29 mai dernier. Ce soir là, suite à une collision frontale avec une automobile sur un viaduc qui surplombe l’Autoroute 20, leur fils Frédéric, en état de choc, est transporté à l’Hôpital Charles-Lemoyne. Vu son état critique et son âge, on le stabilise rapidement puis on le transfère au centre de traumatologie pédiatrique tertiaire qu'est le Children.

À son arrivée chez nous, Frédéric est méconnaissable. Il est intubé et transporté sur une planche de réanimation avec immobilisation cervicale. Il souffre de multiples fractures dont plusieurs ouvertes, ainsi que d’importantes blessures à la tête. Le côté gauche de son corps montre de graves lacérations au niveau du genou, du poignet et du majeur, et sous sa cuisse droite, une lacération particulièrement profonde laisse voir des muscles sectionnés. Chaque minute compte, comme l’explique le Dr Jean-Pierre Farmer, neurochirurgien et chirurgien en chef du Children : « Quand un jeune patient est dans le coma, comme Frédéric, il est important de le stabiliser hémodynamiquement et au niveau de son hypertension intracrânienne dans un contexte de soins intensifs tertiaires, et ce dès que l’étendue des blessures est connue. Lors de la prise en charge du patient à l'Urgence, établir l’ordre des priorités thérapeutiques à suivre devient une véritable course contre la montre ».

À multiples traumatismes, multiples disciplines

Frédéric sera maintenu dans un coma artificiel pendant deux semaines au cours desquelles il subira trois chirurgies majeures toutes coordonnées par les services d’anesthésie, des soins intensifs et des diverses divisions chirurgicales du Children. Ses nombreuses fractures ouvertes nécessiteront sept heures de chirurgie plastique réalisées par le Dr H. Bruce Williams et par le Dr Thierry Benaroch, du service d'orthopédie. Enfin, il faudra plus de onze heures au Dr Jean-Pierre Farmer et à la Dre Marie-Lucie Lessard, chirurgienne plasticienne, pour venir à bout des nombreuses fractures craniofaciales de Frédéric et d'une brèche dans la dure mère, d'où s'écoulait du liquide céphalo-rachidien. « Les spécialistes étaient prudents. Ils procédaient par étape. Mais chaque fois qu’une intervention chirurgicale était complétée, Frédéric réagissait bien. Nous étions rassurés », raconte sa mère.

Malgré les circonstances éprouvantes qui les ont menés au Children, les parents de Frédéric se considèrent privilégiés : « Jamais je n’aurais cru qu’il soit possible de rassembler autant d’expertise sous un même toit. Frédéric a bénéficié d’une très grande qualité de soins », raconte sa mère. Pour le père de Frédéric, la patience et le calme « contagieux » du Dr Farmer ont été d’un grand secours. Le fait d’avoir toujours été bien informés a aussi beaucoup aidé les parents de Frédéric : « Nous recevions l’information au fur et à mesure qu’elle devenait disponible, et nous avons beaucoup apprécié cette philosophie d’ouverture. Jamais nous n’avons été tenus dans le secret, ni n’avons eu l’impression de déranger. Nous pouvions rester auprès de notre fils 24 heures sur 24 ».

Frédéric a pu être réveillé treize jours après son accident. Comme il était impossible d’écarter totalement la possibilité de séquelles neurologiques tant qu’il était maintenu dans le coma, ses parents se demandaient s’il les reconnaitrait, s’il parlerait et même s’il pourrait bouger. Au soulagement de tous et au grand bonheur de ses parents, Frédéric a demandé où il se trouvait dès son réveil ! Et seulement huit semaines après l’accident qui a failli lui coûter la vie (dont cinq passées au Children et trois en centre de réadaptation), il pouvait rentrer chez lui.

Sur le chemin du rétablissement

Frédéric poursuit rigoureusement ses traitements de physiothérapie et d’ergothérapie. Il prend un médicament deux fois par jour pour contrôler le diabète insipide dont il souffre désormais (une séquelle fréquente des traumatismes crâniens). Il sera de nouveau opéré au cours des prochains mois, mais ces interventions seront mineures en comparaison avec les précédentes. Est-il découragé ? Absolument pas. Car malgré son jeune âge, Frédéric réalise pleinement que cet accident aurait pu le laisser avec des séquelles bien plus graves.

Le Programme de traumatologie du Children offre une expertise complète et coordonnée, pour satisfaire les besoins médicaux, chirurgicaux, infirmiers, psychosociaux et de réadaptation des jeunes patients tels que Frédéric. Doublé de la philosophie du Children, résolument axée sur la famille, il est le gage du meilleur rétablissement possible pour les enfants et les adolescents polytraumatisés. Ce programme, c’est celui de l'Hôpital que vous aimez et que vous appuyez… le Children.

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