Après une tumeur au cerveau, Émilie déborde d’énergie

Sa première « absence », Émilie l’a faite sur un bateau. La petite croisière de la famille, qui devait les mener de St-Jean-Port-Joli au Casino de Charlevoix, les aura finalement menés beaucoup plus loin…

Alors qu’ils voguaient vers Charlevoix, Ann Dignard remarqua que les yeux de sa fille semblaient rouler sur eux-mêmes. « On ne voyait plus que le blanc de ses yeux, puis Émilie perdit contact avec la réalité pendant une trentaine de secondes », raconte Ann. Cet épisode, Émilie le vécu quatre fois rien qu’au cours de cette journée.

Au Centre mère-enfant, à Québec (la famille habite à St-Pamphile), Émilie subit de nombreux tests et des médicaments contre l’épilepsie s’imposèrent. Une semaine plus tard, un examen par résonnance magnétique (IRM) permit d’identifier la cause de l’épilepsie dont souffrait Émilie : une tumeur située dans son lobe occipital, la portion arrière la plus éloignée du cerveau, qui abrite le cortex visuel.

« Les médecins espéraient pouvoir suivre l’évolution de la tumeur un certain temps avant d’opérer », explique Ann. Mais malheureusement, les effets secondaires des différents médicaments furent dévastateurs pour Émilie. D’habitude enjouée et vive d’esprit, elle devint apathique, puis extrêmement colérique. « En plus, aucun médicament ne fonctionnait longtemps », explique Ann. Devant cette situation, leur neurologue de Québec recommanda le Dr Jean-Pierre Farmer, neurochirurgien et chirurgien en chef du Children.

Émilie fut opérée par le Dr Farmer le 19 octobre dernier. Ses parents n’oublieront jamais le moment où notre anesthésiste est venu chercher leur petite fille. « C’est dans ses bras qu’Émilie est partie vers la salle d’opération. Il l’avait mise en confiance; elle était très calme. Bien plus calme que nous !», se rappelle Ann.

Un nouvel équipement qui tombe à point

Un vieux dicton dit qu’« à toute chose, malheur est bon ». Pour Émilie, le bon côté des choses, c’est que le Children ait mis la touche finale à sa nouvelle suite d’intervention cérébrale pédiatrique quelques jours seulement avant sa chirurgie. « Notre nouvelle IRM peropératoire, la première à être installée dans un hôpital pédiatrique canadien, nous donne un formidable avantage lorsque nous manœuvrons dans le cerveau pour retirer des tumeurs », explique le Dr Jean-Pierre Farmer. « D’habitude, nous sommes guidés par les images d’IRM prises avant l’intervention. Toutefois, durant une chirurgie, le cerveau peut se déplacer pour diverses raisons. Ainsi, au fur et à mesure que l'intervention progresse, les images auxquelles se fie le neurochirurgien ne sont plus aussi précises. Avec ce nouvel appareil d’IRM, nous avons accès à des images du cerveau en temps réel, ce qui nous permet d’être beaucoup plus précis pour déterminer où commence et où finit une tumeur ».

La tumeur d’Émilie était de la taille d’un gros œuf. Ses racines, qui s’enfonçaient profondément dans son cerveau, ressemblaient étonnamment à la matière grise. Il était donc difficile pour les chirurgiens de voir dans quelle direction elles progressaient et où elles se terminaient.

Durant les 11 heures qu’a duré l’intervention d’Émilie, le Dr Farmer a retiré toutes les traces visibles de la tumeur. Puis, alors qu’elle était encore sous anesthésie, Émilie fut déplacée de la salle d’opération à la salle d’IRM adjacente. Avec en mains de nouvelles images, qui montraient qu’il restait des racines de la tumeur, le Dr Farmer a pu ramener Émilie en salle d’opération, et continuer l’intervention pour retirer davantage de tissu tumoral. Fondamentalement, notre nouvelle IRM peropératoire a évité à Émilie une seconde intervention.

« Il aurait été extrêmement traumatisant pour Émilie et ses parents que nous ayons à opérer une deuxième fois, explique le Dr Farmer. Dans la plupart des cas, avec le nouvel appareil d’IRM, nous pourrons éviter une deuxième intervention. Et dans celui d’Émilie, en retirant une plus grande portion de la tumeur, nous avons beaucoup plus de chances de mettre fin à ses crises d’épilepsie. »

De fait, Émilie n’a eu aucun épisode épileptique depuis sa chirurgie. Elle a revu le Dr Farmer le 21 janvier dernier, et tout est sous contrôle. On pourra bientôt réduire les médicaments qu’elle prend. Ses parents sont non seulement confiants, mais aussi très reconnaissants : « Nous n’oublierons jamais le calme rassurant du Dr Farmer et le professionnalisme des gens du Children. Grâce à eux, Émilie a eu tout ce qu’il lui fallait pour passer à travers ce défi dans les meilleures conditions possibles ».

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