Témoignage touchant d'une adolescente

Par Louis,

Je suis en secondaire 5 et je suis vraiment excitée de voir ce que l’avenir me réserve. Je n’aurais jamais dit cela il y a un an, quand j’envisageais de mettre fin à mes jours.

Je m’haïssais tellement. Lorsque je me regardais dans le miroir, je voyais une fille grosse. Je me sentais tellement laide que je m’imaginais les gens dans la rue me regarder et être dégoûtés par ce qu’ils voyaient. Je détestais mes rondeurs. Le regard de certains hommes faisait en sorte que je me sentais mal dans ma peau. Alors, j’ai décidé d’arrêter de manger.

Je me limitais à un maximum de 500 calories par jour. Lorsque je voyais que j’avais trop mangé, je me faisais vomir. Ça me donnait terriblement mal à la gorge et, chaque fois, j’avais l’impression que mon cœur cessait de battre. Mais je ne cherchais pas à me faire aider. Je préférais mourir mince que de manger et d’être qui j’étais avec mes rondeurs.

Ma famille voyait que je ne mangeais pas bien, mais elle ne savait pas comment m’aider. J’ai perdu 17 livres en à peine six semaines et c’est là que ma mère m’a dit qu’il fallait voir le médecin. J’étais si fatiguée, je n’avais plus aucune énergie, alors j’ai accepté. C’est à ce moment-là que mon médecin, la Dr Suzanne MacDonald du Children, m’a expliqué qu’on peut mourir quand on perd trop de poids. On m’a dit que je souffrais d’« EDNOS », un trouble alimentaire associé à un mélange de boulimie et d’anorexie et que ma pression et mon pouls étaient très bas. J’ai été admise dans un hôpital pendant deux mois. Puis, j’ai passé sept mois dans un foyer avec d’autres adolescents qui vivaient tous des problèmes divers. Je suis revenue chez moi le mois dernier.

Lorsque j’étais au plus bas, je me sentais souvent seule, isolée. Je remarquais que la plupart des gens s’en foutent, même mes amis. Ils ne comprennent pas. Mais grâce à la thérapie et au soutien de ma maman (c’est la meilleure!), j’ai appris à m’accepter telle que je suis. J’ai appris que mes troubles alimentaires ne me mèneraient nulle part, que c’était une perte de temps. J’ai aussi réalisé que je ne voulais pas mourir.

J’ai voulu partager mon histoire pour que d’autres adolescents dans la même situation sachent qu’on peut s’en sortir. Aujourd’hui, je suis suivie à la clinique de jour du Children. Je n’ai plus de troubles alimentaires. Et, quand je regarde devant moi, je vois plein de choses positives. Je veux travailler en réhabilitation ou comme infirmière, et un jour, je veux devenir une conférencière inspirante. Je veux aider les gens de la même façon que j’ai été aidée.

Merci du fond du cœur à toutes les personnes qui donnent des sous pour permettre aux adolescents de recevoir de l’aide médicale.

- Irini, 16 ans

 

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