On m'a dit qu'il me restait deux mois à vivre

Par Leigh-Ann Cote,

Je m’appelle Leigh-Ann Cote et j’ai 22 ans. J’ai été une patiente de l’Hôpital de Montréal pour enfants pendant toute ma vie.

À l’âge de 18 mois, je suis tombée très malade. J’ai alors subi toutes sortes de tests, qui n’ont pas permis de découvrir quoi que ce soit ni de faire en sorte que ma situation s’améliore.

Finalement, un de mes médecins, le Dr Fujioka, a effectué une analyse sanguine et découvert que j’avais un taux de plaquettes dangereusement bas. On m’a transféré d’urgence au Children depuis mon domicile dans les Cantons de l’Est et j’ai bien failli ne pas passer la nuit. J’avais perdu conscience pendant le trajet vers l’hôpital, et à mon arrivée, on a dû de faire une intraveineuse dans mon pied, car toutes les autres veines n’étaient plus accessibles. Je n’avais que 18 mois et je luttais pour ma survie.

J’ai passé plusieurs semaines à l’hôpital où on m’a traitée pour un purpura thrombopénique idiopathique (PTI), une anomalie qui cause une baisse du taux de plaquettes. Même après avoir reçu mon congé de l’hôpital, je devais recevoir régulièrement des traitements, parfois plusieurs fois par semaine.

La situation est demeurée stable pendant longtemps, mais il y a deux ans, j’ai commencé à avoir d’énormes maux de tête. Mon médecin de famille m’a fait passer un tomodensitogramme qui a révélé une masse anormale dans mon cerveau. Je suis allé passer une IRM à l’Hôpital de Granby pour évaluer la gravité de la situation. Et c’était vraiment grave. C’était un cancer.

Le 19 mai 2010, j’ai reçu la pire nouvelle qu’on puisse imaginer, le genre de nouvelle que personne de veut entendre.

« Je suis désolé, mais votre cerveau est rempli de tumeurs, m’a dit le médecin. Il n’y a rien à faire. Il est peut-être temps de commencer à faire vos adieux à vos amis et à votre famille. Profitez du temps qu’il vous reste. »

On m’a dit qu’il me restait deux mois à vivre.

Comment doit-on réagir lorsque l’on mène une vie normale et qu’on vous dit soudainement qu’il vous reste à peine deux mois à vivre? Comment digérer tout cela? Ce soir-là, on m’a placée dans une chambre dans une unité où il y avait beaucoup de patients plus âgés qui étaient traités pour le cancer. J’étais la plus jeune dans cette unité et je n’avais pas le droit qu’un proche puisse passer la nuit à mon chevet. Ce fut la nuit la plus difficile de toute ma vie.

Le lendemain matin, un autre médecin est venu me voir pour m’annoncer qu’il y avait peut-être une possibilité de traitement. Il y avait de l’espoir. Après avoir entendu le pire, c’était étonnant de réaliser que j’avais une chance.

Le 23 juin 2010, j’ai subi une intervention chirurgicale au cerveau qui a été un succès. Je commençais à me sentir mieux, mais il y avait des effets secondaires. J’ai pris 60 livres dans les deux mois qui ont suivi la chirurgie, et en août, j’ai commencé à avoir des convulsions.  Le 12 octobre 2010, j’ai eu quatre convulsions en moins de deux heures.  J’ai transportée d’urgence à l’hôpital et on m’a placée dans un coma temporaire pour mettre fin aux convulsions.

On a diagnostiqué une épilepsie interne, ce qui signifie que j’aurai ces symptômes pendant toute ma vie. Mais étant donné que ma médication a été bien ajustée, je n’ai pas eu de convulsion depuis février 2011  (yé!). Je suis retournée au travail. J’ai obtenu de nouveau mon permis de conduire. Enfin, j’avais l’impression que ma vie reprenait son cours normal.

J’ai ensuite été confrontée à un immense chagrin. J’ai appris que je ne pourrais probablement jamais avoir d’enfant.  Mon copain (maintenant mon mari) m’a soutenue pendant toute ma maladie et je souhaitais de tout cœur que l’on puisse fonder une famille ensemble. Lorsqu’on nous a dit que l’on devrait envisager d’autres solutions, j’ai pleuré pendant plusieurs jours. Puis quelque chose de formidable s’est produit. Contre toute attente, j’étais enceinte. Notre bébé miracle verra le jour en octobre.

J’espère que mon témoignage pourra aider des familles à ne pas lâcher et à toujours garder espoir. Prenez mon exemple : je suis une survivante. À 18 mois, on a dit à mes parents que je ne survivrais pas. À 20 ans, on m’a dit que je ne finirais même pas l’année. À 22 ans, on m’a dit que je ne pourrais pas avoir d’enfants. J’ai fait mentir tous ces pronostics. Et si je peux continuer à espérer, vous le pouvez vous aussi.

Il y a 20 ans, mes parents ont mis sur pied un fonds qu’ils ont baptisé Township Toddlers afin d’amasser des fonds pour acheter de l’équipement médical dont le Children avait grand besoin.  Le fonds a été créé en raison de ma maladie, mais au fil des années, nous avons amassé des fonds pour aider les enfants malades dans tous les départements de l’hôpital. J’aime à croire que nous avons réussi à faire de l’hôpital un meilleur endroit pour aider les enfants.

Cordialement,

Leigh-Ann Cote

5 réponses à On m’a dit qu’il me restait deux mois à vivre

  1. Jordi dit :

    Bravo pour votre courage, votre persévérance, ainsi que celle de vos parents, votre famille, votre conjoint et vos proches! Vous êtes un miracle de la vie, et vous prouvez à tous qu’il ne faut jamais abandonner! Je vous souhaite le plus beau des bonheur avec ce bébé à venir! Et beaucoup de succès à la Fondaion Township Toddlers. Merci de votre témoignage.

  2. Bon courage ne lâche pas, tu réussiras à le vaincre pour de bon .Et bravo pour les fonds amasser pour soutenir les enfants malades .XXX

  3. delville dit :

    bonsoir, si tout ce que vous dites est vrai. Je vous fait un grand bravo. Longue vie a vous et vos proches. qjand a moi je continuena me battre

  4. Kristine McCaig dit :

    Toute une histoire qui a une fin heureuse !!! Je suis super contente pour toi et ne lâches pas !!! Félicitatiions pour ton bébé ;-)) x0x

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