Dre Claire LeBlanc, rhumatologue pédiatrique et spécialiste en médecine sportive

Par Fondation du Children,

Dans cette édition d’Un médecin passionné, nous vous présentons un profil de la Dre Claire LeBlanc, rhumatologue pédiatrique et spécialiste en médecine sportive. La Dre LeBlanc dirige le département de rhumatologie de l’HME et accorde une très grande importance à un mode de vie sain pour les enfants.

Pourquoi avoir choisi la pédiatrie?

Dès ma première année d’études en médecine, je savais que j’allais me spécialiser en pédiatrie parce que j’adorais travailler avec les enfants. J’avais beaucoup d’expérience avec les enfants en raison de mon implication dans les programmes de sports et loisirs.

Qu’est-ce qui vous a amenée à vous spécialiser davantage dans les domaines de la rhumatologie et de la médecine sportive?

Mon intérêt pour la médecine sportive s’explique de deux façons différentes. Premièrement, en tant que pédiatre généraliste pratiquant depuis plusieurs années, j’avais commencé à remarquer que les enfants que je voyais en consultation présentaient de plus en plus des problèmes de surpoids. Je voulais contribuer à inverser cette tendance et je me suis donc impliquée dans l’élaboration de programmes et de politiques pour faire la promotion de l’activité physique. Deuxièmement, des collègues à moi m’avaient demandé d’agir comme médecin sur les lignes de côté pendant certains leurs événements sportifs à l’école secondaire. Cela m’a permis d’en apprendre davantage sur le système musculo-squelettique et de compléter une formation additionnelle en médecine sportive. J’adore mon travail! J’estime que mes connaissances en médecine sportive font de moi une meilleure rhumatologue et que ma compréhension de la rhumatologie est un atout pour ma pratique de la médecine sportive.

Vous parlez des enfants et de mieux-être. Devrions-nous être préoccupés par le niveau d’activité physique de nos enfants?

Je crois que nous devrions être très préoccupés par le fait que les enfants d’aujourd’hui ne sont pas en aussi bonne condition physique que nous l’étions lorsque notre génération avait leur âge. Les tendances à l’obésité sont en hausse, et les maladies chroniques associées à l’obésité sont également en hausse. Nous avons identifié le problème et nous devons maintenant poser les bons gestes, c’est-à-dire nous assurer que nos enfants mangent sainement, dorment bien, consacrent moins de temps aux écrans sous toutes leurs formes et font suffisamment d’activités physiques. Je crois qu’il est extrêmement important que nous fassions en sorte que chaque enfant ait la possibilité d’aller jouer à l’extérieur et de participer bien sûr à des sports d’équipe, mais également à des activités libres non organisées.

Vous consacrez énormément de temps et d’énergie à la promotion du mieux-être chez les jeunes. Que faites-vous pour maintenir votre propre mieux-être?

J’aime tous les sports. Plus jeune, mon sport de prédilection était la balle rapide. J’aimais aussi le hockey, que j’ai pratiqué au niveau compétitif et que je pratique encore aujourd’hui comme loisir. Je peux jouer à toutes les positions, sauf celle de gardien de but!

En tant que chef du département de rhumatologie de l’HME, vous êtes la principale responsable du centre de formation en rhumatologie pédiatrique de l’hôpital. Parlez-nous de l’importance de ce centre.

La division de rhumatologie de l’Hôpital de Montréal pour enfants est l’un des trois centres de formation en rhumatologie pédiatrique au Canada, et il est le seul à offrir un environnement bilingue. Notre programme de formation est exceptionnel, et pour la première fois de ma carrière, j’ai la possibilité de participer à la formation des futurs rhumatologues pédiatriques. Grâce à mes connaissances en médecine sportive, je peux également faire profiter aux résidents de cette spécialité.

Lorsqu’il est question d’engagement communautaire en médecine, on pense souvent à la collecte de fonds. Parlez-nous de l’importance des dons pour votre département.

Comme notre division est relativement petite, il est très difficile de trouver le temps nécessaire pour rédiger des demandes de subvention afin de convaincre les agences de l’importance d’un achat comme un appareil portatif à ultrasons. Sans cette technologie, les enfants atteints de maladies rhumatismales ne peuvent recevoir de traitements de pointe. Les mots me manquent pour remercier les deux donateurs anonymes dont le généreux soutien a permis de faire l’achat de cet appareil. Avec un appareil portatif à ultrasons, nous pouvons maintenant identifier efficacement toutes les articulations et tous les tissus avoisinants qui sont touchés afin d’offrir un traitement ciblé optimal.

Votre parcours professionnel est intéressant. Comment avez-vous abouti à l’Hôpital de Montréal pour enfants?

Je dis à tout le monde qu’on m’a expulsée partout où je suis passée au pays. (rires) Non, ce n’est pas vrai. Mon père était dans les forces armées et lorsqu’il était affecté dans les Maritimes, j’ai fait mon entrée à l’Université Dalhousie à Halifax. Il a pris sa retraite à Ottawa et j’ai pu être transférée au Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario pour compléter ma résidence. Après avoir complété ma formation en rhumatologie à Toronto, j’ai travaillé à Ottawa, puis à Edmonton, mais j’attendais une occasion de revenir dans l’Est du pays. Lorsque l’occasion s’est présentée à Montréal, j’ai pensé que c’était un don du ciel. Non seulement je me rapprochais de chez moi, mais j’allais avoir la possibilité de travailler avec des collègues exceptionnels et de participer à un programme de formation dès le départ. Je voulais également améliorer mon français. Je suis Acadienne mais j’ai fait toute ma scolarité en anglais. Je m’étais fixé comme objectif depuis longtemps d’améliorer mon français oral et écrit, et c’est ce que je suis en train de faire.

Quelle est la partie la plus valorisante de votre travail?

Être en mesure de voir la joie dans les yeux des enfants et de leurs parents lorsque l’on réussit à mener leur condition rhumatismale à la rémission au moyen de traitements appropriés. Nous savons que lorsque les enfants atteints d’arthrite en arrivent à maîtriser leur maladie, ils peuvent vivre une vie saine et normale, et faire tout ce que font leurs camarades, même du sport! La partie la plus valorisante du travail est de voir un enfant n’imposer aucune limite à ses rêves, et les réaliser.

Et si vous n’aviez pas été médecin, quel travail feriez-vous aujourd’hui?

Je serais probablement enseignante et je ferais la promotion du mieux-être sans le système scolaire.

Dans le cadre de votre pratique, quelle est la chose la plus importante que vous avez observée chez les enfants?

J’ai remarqué les enfants ont plus de courage que la plupart des adultes. Ils poursuivent leurs activités quotidiennes en dépit de l’arthrite qui touche plusieurs de leurs articulations. Le plus étonnant, c’est de voir la surprise des parents lorsque leur enfant commence à retrouver ses capacités presque comme s’il n’avait jamais eu d’arthrite. Même si les parents ne croyaient peut-être pas cela possible, je suis portée à penser que l’enfant y croyait probablement.

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